J'ai
failli devenir un vrai pédophile
Mon
frère a 14 ans et il est accro 
Eviter
de se "balancer" à sa compagne
Je vous prends à témoin
Des nouvelles de Gomina,
l'un des "anciens" du Forum
Des réflexions sur les forums par
Bruno, un autre "ancien"
Votre
site m'a mis une bonne baffe
Mon psy n'arrive pas à me faire parler de
mes réels problèmes
Je n'ai jamais eu aucune relation sexuelle
CONSEILS
POUR LE SEVRAGE
LES DERNIERS CONSEILS
D'ORROZ
J'ai
failli devenir un vrai pédophile
J’ai
42 ans, marié depuis quelques années à une
charmante jeune femme qui m'aime sincèrement et j'exerce
une profession libérale qui me donne entière satisfaction.
Le seul problème est que je suis accro au sexe sur internet
depuis plus de 7 ans maintenant. Mais grâce à votre
site, j'ai pris conscience de cette addiction et j'ai réussi à tenir
plusieurs mois d'affilée sans consommer de porno. Malheureusement,
cet été ma vie a basculée car j'ai vraiment
failli devenir un vrai pédophile. Je précise "vrai" parce
que je suis persuadé
que la plupart des mecs qui regardent par curiosité des
sites pédophiles ne sont pas des vrais pédophiles
car ils ne passent pas à l'acte. D'ailleurs, le mot "pédophile"
signifie : qui aime les enfants.
R:
C'est vrai, c'est pourquoi il est plus juste de parler de pédosexualité en
ce qui concerne ceux qui passent
à l'acte et de pédocriminalité lorsqu'il ya viol
ou meurtre. Toutefois, surfer sur des sites pédophiles peut
se révéler très dangereux. Lentement mais insidieusement,
la dérive est possible.
Voilà
comment c'est arrivé : ma soeur, de 10 ans plus jeune que moi,
nous confie régulièrement sa fille âgée de
5 ans le mercredi après-midi. Je m'entends très bien avec
elle, mais notre rapport s'est sensiblement transformé depuis
cet été, lorsque ma soeur nous l'a confiée pour
un week-end. Il m'arrive souvent de lui montrer des dessins animés
sur Internet, ou des jeux, mais là comme le repas du soir était
bien arrosé et que la chaleur de l'été nous avait
émoustillés, il s'est passé quelque chose qui m'a
troublé: ma petite nièce s'est mise sur mes genoux et
parfois, elle se frottait contre moi d'une façon très
sensuelle. Au bout d'un moment, j'ai eu une érection mais j'ai
mis un terme à ce petit jeu coquin qui commençait à
me mettre mal à l'aise.
Pour me changer les idées, j'ai annoncé que j'allais vider
les poubelles. Et là, elle m'a dit : "Je peux venir avec
toi?" avec un ton si doucereux que j'ai craqué : "Si
tu veux". Comme le local à poubelles est assez éloigné,
en revenant j'ai décidé de l'amener faire un tour par
un petit jardin qui jouxte notre immeuble. Il n'y avait personne et,
comme la nuit commençait à tomber, je l'ai prise dans
mes bras en lui disant : 'Tu n'as pas peur ?" Elle s'est alors
serrée contre moi en blotissant sa petite tête dans mon
cou et en me serrant très fort. Quelle folie m'a pris tout à
coup pour que je mette ma main entre ses cuisses? Je ne sais pas,
mais c'était plus fort que moi. Elle n'a rien dit pendant quelques
secondes, puis elle a ri en me disant : "ça fait des guilis".
J'ai décidé de stopper tout ça en la posant à
terre, mais elle m'a demandé de la reprendre au bras. J'ai pris
ça comme une demande de câlins supplémentaires,
et c'est là que j'ai perdu le contrôle en essayant de mettre
ma main dans sa culotte. Dès qu'elle a senti l'un de mes doigts
sur son pubis, elle s'est brusquement dégagée en disant
n'importe quoi. Immédiatement, je l'ai prise par la main et nous
sommes rentrés à l'appart. J'étais gêné
vis à vis de ma femme mais je n'en laissais rien paraître.
Le soir, nous avons regardé la télé mais ma tête
était ailleurs. Je regardais ma nièce en pensant à
ce moment d'intimité que nous avions partagés et de temps
en temps, je me rapprochais d'elle pour lui faire un bisou. Cela me
procurait un plaisir immense de sentir son parfum d'enfant, la douceur
de sa peau. Elle était sensible à mes attentions puisqu'elle
se rapprochait de moi, mais je n'osais pas trop à cause de ma
femme. Puis on l'a couchée dans son petit lit et nous sommes
partis dormir. J'ai passé une nuit atroce, partagé entre
les fantasmes qui parcouraient mon esprit et les tortures de la culpabilité
et de la honte. Je me suis donc levé très tôt, et
immédiatement j'ai allumé mon pc pour me renseigner sur
la pédophilie.
C'est
sur Wikipedia que j'ai trouvé les explications les plus
intéressantes. Mais comme j'étais encore sous le
charme, je me dirigeais plutôt vers les sites qui dédramatisaient
les actes pédophiles. Effectivement, j'ai trouvé une
explication à ce qui s'était passé entre ma
nièce et moi sur l'un d'eux: il arrive que les enfants de
cet âge-là manifestent leur sexualité
de façon naturelle avec les adultes de leur entourage.
Il n'y avait donc pas de mal à ça.
R:
De leur part oui, car les enfants ont une libido très précoce,
et c'est avant la période de latence (6 à 10 ans,
durant laquelle elle est quasiment absente) que le pic de pulsions
sexuelles est généralement le plus fort, c'est à dire
entre 4 et 5 ans. Mais c'est à l'adulte d'éviter de
répondre
à ces pulsions enfantines qui ne sont qu'une forme d'excitation,
comme les jeux auxquels ils s'amusent. Ils n'éprouvent pas de
jouissance, comme les adultes, c'est pourquoi il est vain de fantasmer
sur leur sexualité.
J'ai
même trouvé un site sur lequel figurait un forum de pédophiles.
Une partie de ce site comportait des poèmes adressés à
leurs lolitas. J'y ai perçu une grande souffrance,
dans laquelle je me suis reconnu. Pourquoi l'amour entre enfants et
adultes était-il interdit ?
Lorsque ma petite nièce s'est réveillée,
je me suis empressé de la prendre entre mes bras, de la
cajoler, de jouer avec elle pendant que ma femme prenait sa douche.
Et là
encore, ma main a dérapé plusieurs fois, sans toutefois
insister car je ne voulais pas la brusquer ni la choquer. Je la couvrais
de bisous sur le ventre et cela la faisait rire à gorge déployée.
Quels moments de bonheur pour moi...
Hélas, ma nièce est repartie chez ma soeur et j'ai dû
attendre une semaine avant de la revoir. Chaque jour qui passait était
interminable, si bien que j'ai repris mes surfs érotiques sur
le Web afin de trouver des photos d'enfants nus : j'étais obsédé
par l'image de son petit pubis sans poil. J'avais mis le doigt de
nouveau dans l'engrenage du cybersexe mais là, c'était
grave. J'ai commencé par trouver de très belles photos
d'enfants nudistes, magnifiques, qui me confortaient du bien fondé de
ma démarche : pour la beauté des corps nus, une vraie
immersion dans le paradis terrestre ! J'étais peut-être
un pédophile, mais esthète.
Puis j'ai téléchargé des dizaines de photos avec
emule, plus érotiques et cela m'a tellement troublé que
j'ai recherché des documents pédophiles hard. Et là,
j'ai vu où ça pouvait mener. Souvent, les photos étaient
des montages grossiers, mais parfois elles décrivaient de vraies
scènes: des gosses aux yeux apeurés, au teint blafard,
que l'on sentait obligés, forcés à se mettre dans
des positions obscènes avec des adultes, des hommes le plus souvent
repoussants, bedonnants, vicelards. Dégoûté, j'ai
tout effacé en me disant que cela ne correspondait pas à
ce que j'étais, mais j'étais tout de même troublé
par toutes ces images.
R:
Le problème, c'est la surenchère, comme pour toutes
les dépendances: on en veut toujours plus. C'est, en partie,
pourquoi certains adultes en arrivent à violer des petits
enfants, surtout s'ils n'ont aucun garde-fou (éducation,
intelligence, morale, ou simple bon sens) pour les en empêcher.
Puis
j'ai revu ma petite nièce et nous sommes allés nous
ballader dans le petit jardin, mais en plein jour. Comme il n'y avait
personne je me suis risqué à la prendre dans mes bras
et à
lui faire des bisous sur le ventre. Mais là, elle s'est dégagée
et m'a dit: "Arrête!". Je lui ai demandé si elle
aimait que je lui fasse des bisous sur le ventre et elle m'a répondu
: "Non, j'aime pas!". Sa réponse m'a fait l'effet d'une
douche glacée. Mais elle a été claire : jamais
je n'aurais osé la forcer à faire quoi que ce soit qui
pourrait lui déplaire. J'ai alors compris que cette frénésie
de désirs qui nous avait rapprochés lors du week end était
exceptionnelle. Comme tous les enfants, elle était passée
à autre chose et elle avait oublié...
R: Effectivement,
les enfants ne restent pas sur des impressions ou des émotions
très longtemps, surtout à l'âge de votre nièce.
C'est pourquoi ils sont dénués de tous fantasmes et
de désirs compulsifs.
J'ai
alors décidé d'arrêter de fantasmer sur une possible
relation amoureuse avec elle et cela m'a libéré. Brusquement,
je prenais conscience de ma dérive vers la pédocriminalité
et je décidais de me renseigner sur la façon de sortir
de mes obsessions. C'est à ce moment-là que j'ai consulté
un site que vous mentionnez dans vos liens : "Action
blanche". qui est contre la criminalité pédosexuelle
en respectant les victimes et les pédophiles abstinents.
J'y ai appris beaucoup de choses, notamment sur les victimes de pédophiles.
Je suis également retourné sur le forum de pédophiles
et j'ai constaté une grande immaturité. La plupart se
bercent d'illusions sur la sexualité des enfants et ne veulent
pas se remettre en question. L'un d'eux avait mis en lien une video
d'une fillette de 5 ans qui faisait la danse du ventre dans une émission
de télé orientale. Et ça le "faisait baver"!
Que de frustrations et de vies gâchées à cause d'une
tendance à confondre l'amour des enfants et le désir d'enfant.
Depuis, je fais très attention à ne pas confondre la profonde
affection que j'éprouve pour ma nièce avec le désir
qui m'avait assailli lors de cette soirée d'été.
J'évite de la prendre trop longtemps dans mes bras, surtout lorsque
nous sommes seuls. Peu à peu, la tendresse et l'attention sincère
sont revenues au premier plan.
Bien entendu, j'ai remis aussi mon compteur à zéro pour
le sevrage et je compte bien, cette fois-ci, aller au-delà d'un
an et même plus, car j'en ai marre de toujours me décevoir.
J'ai aussi pensé aux dangers auxquels j'ai échappé
: tout d'abord que ma femme le sache, mais encore pire : ma soeur!
Comment l'aurait-elle pris? Comment aurais-je pu lui expliquer ? Et
si quelqu'un m'avait dénoncé à la police ? Toute
une vie brisée pour quelques attouchements? Non, vraiment, il
fallait que je grandisse une bonne fois pour toutes.
Voilà,
cher Orroz, mon témoignage. Je ne sais pas si vous allez le
mettre sur votre site, à vous de voir, mais croyez-le, il est
authentique et sincère.
Encore merci pour tout ce que vous faites pour les dépendants.
R:
Je vous en prie. Tout ce que je peux vous dire, c'est que vous avez
redressé la barre à temps. C'est pourquoi je tiens à
ce que votre témoignage apparaisse sur mon site. Ainsi, les dépendants
qui dérapent de temps en temps sur les sites pédophiles
pourront prendre conscience des dangers qui les guettent.
Bon
courage pour le sevrage, et tenez-moi au courant.
Orroz
NB
: pour ceux qui sont concernés par les pulsions pédophiles,
voici un article qui leur permettra d'ouvrir les yeux : le témoignage
de Poupy, adolescente africaine vendue par sa tante aux pédophiles
d'Amsterdam. Et le site de Latifa
Bennari, qui fait le point de façon très complète
sur le sujet, tant du point de vue des enfants abusés que celui
des pédophiles.
Mon
frère a 14 ans et il est accro
Bonjour,
Je suis la grande soeur de (prénom), je ne sais pas si ce nom
vous dit quelque
chose (ni même si c'est celui-ci qu'il a utilisé lorsqu'il
vous a contacté).
(prénom) a 14 ans. Bien que nous ayons toujours vécu ensemble,
nos
relations sont toujours restées distantes. Cependant, alors que
j'entrai en coup
de vent dans sa chambre, il y a quelques mois de cela, je l'ai supris
en train
de consulter un site pornographique. Sur le moment, soucieuse de
ne pas le
mettre mal à l'aise, je n'ai rien dit, tout juste fait un clin
d'oeil et esquissé un sourire me disant qu'il faut bien que jeunesse
se fasse et que peu nombreux sont les jeunes hommes de son âge
qui n'ont pas eu à un moment ou un autre une attirance pour ce
genre de site. J'ai donc fermé doucement la porte en lui faisant
comprendre que je ne dirai rien et que je ne le jugeais pas.
Quelques minutes après, mon petit frère vient vers moi
et m'explique que ce
n'est pas si banal que je le pense, qu'il va souvent (tous les jours)
voir ce
genre de sites, qu'il n'arrive pas à s'en empêcher et qu'il
en est autant dépendant que moi de la cigarette. Je souris gentiment
et, pensant qu'il s'agit là seulement de culpabilité (celle
que tout jeune homme peut ressentir par rapport aux nouveaux désirs
qu'il ressent) je lui explique qu'il est tout à fait normal,
qu'il a grandi, que son corps s'est transformé et qu'il n'a pas
à avoir honte de ses nouveaux penchants. Je lui dis également
que la plupart des gens que je connais se masturbent, que moi également,
que les filles comme les garcons (même s'ils prétendent
le contraire) ont tous une certaine curiosité pour ce genre d'images
et de films. Je pensais que la seule chose qui constituait un problême
dans sa situation était qu'il le vive mal et surtout seul.
Il y a deux semaines, nous avons discuté à nouveau sur
ce sujet et comme il me
répétait qu'il se sentait mal par raport à çà,
qu'il allait encore tous les jours
consulter ces sites, et que cela constituait un si grand problème
pour lui
qu'il s'était (ce qui n'est pas peu à son âge) documenté
sur le sujet et qu'il
avait trouvé notamment votre site. Tant le terme de "sexolisme"
que la
dépendance qu'il désigne m'étaient jusqu'alors
inconnus. et je voudrais l'aider
mais ne sais pas réellement comment faire. Je lui ai d'abord
dit que pour moi le terme de dépendance était un concept
vide et que, s'il n'était pas en accord avec lui, il fallait
qu'il cesse d'aller sur ces sites. FACILE, je me rends bien compte moi-même
qui essaye depuis des années d'arrêter de fumer, que ce
n'est pas si simple. Du reste nous avons fait un deal ensemble: tandis
qu'il arrêtait d'aller sur ces sites, moi de mon côté
j'arrêtais de fumer. Ce qui n'a pas marché...
Je l'ai revu une semaine après ce pari et, constatant que ça
n'avait pas fonctionné comme je le pensais, j'ai discuté
avec lui de ce que je pouvais faire pour l'aider.
Nous avons décidé que, lors de ma prochaine venue à
la maison, j'installerai sur
son ordinateur un logiciel de sécurité enfant et que j'en
garderai le mot de
passe. Nous verrons le résultat.
Un point positif est que nous parlons désormais complètement
librement de son
problème et que, face à moi, il n'en a plus honte. J'ai
consulté votre site et ai lu attentivement la liste des choses
que vous conseillez de mettre en oeuvre pour sortir de cette dépendance.
Cependant, mon frère étant mineur, un bon nombre de vos
conseils (comme par exemple consulter un psy) sont inapplicables sans
le consentement de nos parents qui ne sont pas au courant de la situation
de (prénom).
Je suis très heureuse qu'il soit venu se confier à moi
et qu'il se soit déchargé de ce poids sans doute très
lourd à porter seul. Je ne voudrais pas briser la confiance qu'il
m'a faite. Je ne sais donc pas si je dois exposer la situation à
mes parents, d'autant plus que j'ai des doutes quant à leur capacité
à le comprendre et à l'aider. J'ai peur qu'ils le jugent
et le cupabilisent d'autant plus. Tout le travail que j'ai fait pour
amener mon frère à me parler librement serait alors réduit
à néant.
Pouvez vous, s'il vous plait, m'aider à le conseiller, à
prendre de bonnes décisions. Le poid qu'il portait seul sur ses
épaules est désormais aussi sur les miennes et je me sens
trop petite et trop peu informée pour l'aider.
Dans l'espoir que mon mail ne se perde pas dans la multitude des
lettres que
vous devez recevoir, je vous présente mes vives félicitations
pour la création
de votre site qui m'aide déjà beaucoup.
R : Merci pour votre message et pour votre
sincérité.
Effectivement votre frère m'avait déjà envoyé
un mail pour me demander de l'aide et je lui avais conseillé
de vous en parler parce qu'il semblait vous accorder une grande
confiance.
Comme vous avez peut-être pu le lire dans les différents
témoignages de mon site, la dépendance au sexe virtuel
est une dépendance très forte, comparable à une
drogue dure. Le fait qu'il soit accro si jeune est à la
fois un désavantage et un avantage. C'est un désavantage
car il ne connaît rien du sexe réel et de la vraie
relation amoureuse, avec tout ce que cela implique au niveau des
sentiments, des sensations physiques, donc il ne peut pas comparer
et se dire : laissons tomber le virtuel, la réalité est
tellement mieux !
C'est un avantage car il a moins d'années de dépendance
derrière lui, comparé aux adultes parfois accro depuis
15 ou 20 ans ! Même s'il ne peut pour le moment consulter
un psy, il serait bon de voir ensemble pourquoi il est devenu accro
aux sites X, comment cela a commencé, quels étaient
ses manques : de l'attention de sa mère, de sa tendresse
ou au contraire de sa trop forte présence ? Le plus souvent,
c'est le père qui offre le même schéma affectif
: votre père est-il lui aussi accro à quoi que ce
soit, sexe, alcool, drogue, boulot ? A-t-il été abusé dans
sa prime enfance, ou vu des adultes faire l'amour ? Ou vous-même,
sa soeur ? Toutes ces questions permettent de mieux cerner les
racines de cette dépendance, vous comprenez ?
Bien entendu, je suis d'accord pour un suivi par mail, en attendant
qu'il soit majeur, dans la mesure où vous n'abuserez pas,
ni lui ni vous, car j'ai effectivement beaucoup de travail.
Merci
pour ce que vous faites pour lui.
Orroz
Eviter
de se "balancer" à sa compagne
J'ai
19 ans, et j'ai réalisé il ya 9 mois environ ma dépendance.
En fait, c'est ma copine qui a découvert que je regardais des
images, et surtout QUOI. Après une longue mise au point et une
restructuration de notre couple, qui a pris un sérieux coup dans
l'aile, je me suis résolument et fermement décidé
à arrêter. J'ai tenu 6 mois sans aucun problème,
j'avais réellement oublié le problème sans aucun
inconvénient.
Puis il est revenu... et là, j'ai rechuté sévèrement.
Je n'ai pas osé lui en parler, à force de culpabiliser.
Je n'ai repris de bonnes résolutions qu'il y a 2 semaines, après
avoir connu votre site -excellent- et avoir fugacement dit que j'avais
du mal à tenir à ma copine. Je viens de rechuter il y
a une heure. Et j'avais honte, j'ai été sur le site pour
me redonner confiance et repartir avec plus de prudence, moins de témérité.
En fait, à part pour vous remercier et vous féliciter
pour vos conseils et explications -dans lesquels je me retrouve horriblement-
je voulais apporter une petite précision que je n'ai pas vue
sur le site et que, je pense, il faudrait afficher même si le
forum doit en parler:
Eviter de se "balancer" à sa compagne par auto-flagellation.
J'ai failli le faire, j'avais le portable dans la main, je me demandais
comment le dire, quand je me suis rendu compte que, quelque part, je
me disais "quelle que soit sa réaction, tu le mérites".
Je pense que c'est un travers dangereux, et qu'il faudrait ajouter
ce conseil au couteau suisse de l'apprenti-sevré: Toujours réfléchir.
Il faut toujours relativiser, rester calme et posé, cela est
indiqué, mais ne pas appeler sa copine sur un coup de tête;
le faire après s'être demandé si c'est mieux, s'il
ne vaut mieux pas attendre, si on le fait pour faire avancer le couple,
ou si on veut juste recevoir une punition pour nos actes.
Je vous laisse seul juge, mais en tout cas, merci. J'ai un nouveau
combat devant moi.
Au revoir!
R: Avec le recul que j’ai, je peux
vous dire que vous avez raison. Je ne regrette pas d’avoir
avoué
à mon épouse, à l’époque,
ma dépendance car cela m’a permis de prendre les
bonnes décisions, notamment de créer le site
d’Orroz et de mettre toutes les chances de mon côté pour
me sevrer. En revanche, j’ai toujours regretté de
lui avoir avoué lorsque j’ai rechuté, quelques
mois après. C’est cette déception qui l’a
le plus marquée et notre couple a mis des mois à s’en
remettre car elle ne me croyait plus du tout.
Bon courage pour votre sevrage !
Orroz
Je
vous prends à témoin
J’ai
visité par hasard votre site Internet, par le biais duquel
j’ai pris conscience de ma dépendance à Internet
et plus précisément
à la pornographie via Internet (score au test : 14/20).
Je vis depuis plusieurs années un cauchemar et je suis
tombé
dans un cercle vicieux duquel je ne parviens pas à me
sortir seul. Je suis aujourd’hui conscient du fait qu’Internet
est une drogue particulièrement dangereuse. Ne souhaitant
pas parler de ma dépendance à mon entourage mais
toutefois désireux de me confier à quelqu’un,
je me suis finalement décidé à me confier à vous
(.../...)
Je suis conscient du caractère ridicule et dégradant
de mes pratiques et de leurs conséquences néfastes,
mais l’envie l’emporte toujours sur la raison et
la honte sur la dignité. J’ai rédigé à plusieurs
reprises des « engagements » écrits pour tenter
de décrocher, mais je n’ai jamais été capable
de les respecter. Comment l’homme volontaire et courageux
que j’étais par le passé a-t-il pu tomber
aussi bas ?
Aujourd’hui, ma charge de travail est énorme, ma
situation professionnelle est critique, et je poursuis mes pratiques à
raison d’environ 5 h par jour, délaissant un peu
plus ma compagne que je ne vois quasiment plus et à qui
je fais croire régulièrement à des heures
supplémentaires. J’ai même failli par y croire
moi-même…
En ce jeudi 20 juillet 2006, j’ai décidé de
regarder enfin la situation en face, et de ne plus me mentir à moi-même.
Après avoir méthodiquement détruit ou condamné
d’accès toutes les sources de mes fantasmes, je
m’engage solennellement et sur l’honneur :
• A abandonner définitivement mes pratiques ridicules
et dégradantes ;
• A ne plus utiliser Internet qu’à des fins
professionnelles et pour la consultation de ma messagerie ;
• A ne rompre cet engagement sous aucun prétexte
;
• A vous écrire régulièrement pour
vous confirmer le bon déroulement de mon sevrage.
Cet engagement va peut-être vous paraître ridicule,
compte tenu du fait que je n’ai pas été capable
de respecter les précédents, mais je suis convaincu
que la présence d’un témoin (vous, en l’occurrence)
m’aidera dans ma démarche, démarche à mon
sens indispensable pour retrouver un équilibre de vie
et surtout une dignité
perdue.
Je vous remercie de m’avoir lu et je vous félicite
très sincèrement pour votre combat.
R:
Merci pour votre témoignage et merci de m'avoir choisi comme
"témoin" de votre engagement. Ainsi, à chaque
tentation d'y retourner, vous n'aurez plus qu'à venir sur cette
page (mettez-la dans vos marque-pages) et à vous relire.
Maintenant, cela ne suffira sans doute pas, comme nous le montrent
toutes ces rechutes au bout de 3 jours, de 3 semaines ou de 3 mois.
Aussi, je vous conseille de mettre toutes les chances de votre côté,
comme il est indiqué sur la page des conseils,
que je vous suggère de mettre également dans vos
marque-pages.
Bon
courage! Orroz
Des
nouvelles de Gomina, l'un
des "anciens" du Forum:
Cela fait maintenant des mois que je ne suis pas revenu sur ton
forum, ni sur d'autres d'ailleurs. Comme je te l'ai dis, j'ai préféré
faire ma course tout seul. Je suis passé sur le nouveau site,
j'ai lu quelques nouvelles de John par ci par là. Je suis aussi
retourné sur le "forum d'orroz". Cela m'a fait bizarre,
j'ai eu l'impression de retourner sur un lieu de vie abandonné...
Te souviens-tu de notre pari ? J'étais sûr de pouvoir
réussir ce sevrage sans
psychiatre. Le premier mai, cela fera un an !!!! Qu
en dis tu?
J'ai certainement mérité ce magnum. Je t'accorde un
point: le psychiatre est nécessaire et je me suis décidé
à y avoir recours.
Je ne retourne plus sur des sites pornos, j'ai tenu 12 mois et
la tentation n'est plus là. Mais, malgré tout, je ne
me sens pas libéré. J'ai compris il y a quelques temps
que lorsque le pansement (porno) tombe, il reste la blessure. Je ne
me voile pas la face. Je suis face
à une angoisse, une insécurité, un mal être
interne auquel je dois faire face. La différence est que le
porno n'est plus actuel pour palier à cette angoisse, il
ne la voile pas. Je l'ai définitivement écarté,
même dans les jours les plus
sombres. Dans ces moments-là, je regarde mon angoisse en face
et je fais au
mieux pour la gérer. Bientôt, je commence une thérapie
pour régler ces
problemes d'enfance. Ce sera alors la vraie délivrance pour
moi et je trouve ce
projet vraiment excitant et libérateur.
D'un point de vue général, je me sens tout de même
différent: plus viril, moins
honteux, plus heureux et proche de la réalité. J'ai
beaucoup de mal à vivre
une sexualité normale, et pour cause je n'ai jamais eu de sexualité
normale.
Heureusement, je ne suis pas frénétique ni compulsif,
je suis juste ignorant
dans le domaine, alors je m'entraîne le plus sainement possible.
J'ai besoin de retrouver des sensations positives par rapport au
sexe et à la sexualité en général. J'ai
décidé
de ne plus avoir honte de ça, alors je me rééduques
pas
à pas sans images. C'est aussi une manière de faire
un pied de nez à mon
enfance hyper catholique, où le sexe est décrit comme
un péché. Je crois que
toute mon angoisse provient d'une attention négative par rapport
à mon enfance
où l'éducation était stricte et destructrice.
Le sexe et le tabou qu'il représentait pendant mon enfance
représente bien mon malaise et l'angoisse que j'ai aujourd
hui. Pas étonnant que j'ai choisi le porno comme refuge. Aujourd'hui
j'ai tourné
la page mais je pense désormais une chose : l'homme
doit
être fier de sa sexualité parce que c'est un moyen
de donner, et surtout la sexualité fait
une avec l'homme, le sexe doit être accepté et non
refoulé. J'ai refoulé
le sexe par honte et en faisant cela je crois avoir refoulé une
multitude de sentiments. C est ce processus qui a créé
tous ces bouleversements en moi. Je crois que le travail thérapeutique
ne peut que me faire du bien.
Une autre chose est certaine : depuis que j'ai décroché
du porno, je respecte plus mes défauts, je les accepte. Je
me libère de cette envie de plaire à tout le monde.
C'est important parce que je crois que je travaille plus à l
unisson par rapport à ce que je pense. En deux mots je suis
beaucoup plus fort, je me respecte beaucoup plus. Bref tu le voies
je me soigne. Je vais de l avant.
Voilà, je crois que j'ai écris ce que je pense. C'était
important pour moi de te le dire parce que ton site m'a vraiment sauvé.
Merci pour tout. S'il n'y avait qu'une chose à retenir de ce
message, c'est JE SUIS SEVRE. Merci d'en faire part
à John, Déclik et les autres si tu le veux. En tout
cas lundi, je fête mon premier anniversaire, alors champagne
!!!!
R: Tu l'as bien mérité, Gomina
! J'avais du mal à croire que tu pourrais y arriver tout
seul et je ne me suis pas trompé. Mais tu as fait preuve
de volonté, de courage, de détermination et ce sont
surtout ces vertus qui t'ont permis de tenir. Maintenant, pour
ce qui est de l'angoisse, l'insécurité
et le mal être intérieur, il te faut passer du psychiatre
au thérapeute. Quelqu'un qui saura t'aider à arracher
les racines profondes de ton mal-être par des séances
de catharsis émotionnelle ou de guérison du passé.
Demande à John, il se sent plus libéré et
plus serein depuis.
En tous cas, je te souhaite une vie pleine de joies et d'amour.
A
bientôt !
Orroz
PS: j'ai mis la page des sevrés à jour et je fais suivre
ce mail aux "anciens"
Des
réflexions sur les forums, par Bruno,
un autre "ancien"
J'ai eu, cette semaine, une impression bizarre. Comme je fréquente
parfois le forum sexualité de Doctissimo (www.doctissimo.fr)
pour évoquer un problème qui me touche particulièrement,
il m'est arrivé de vadrouiller sur certaines de ses sections.
J'ai fait deux constats. D'abord, il y a pas mal de gens qui finalement
vivent leur sexualité sans qu'elle soit problématique
et qui doivent sans doute être loin de l'univers empoisonné
des addictions. Mais j'ai aussi pu constater à quel point notre
société évolue dans un univers où le sexuel
est une quête en soi, fait partie d'un besoin presque matériel,
déconnecté de l'esprit. Symptôme de ce monde qui
individualise toutes ses composantes, "prendre SON pied" structure
bien des demandes.
J'ai pu me rendre compte, par exemple, que la prostitution tendait à
devenir une pratique légitime, presque de service public chez
certains. Le phénomène des escorts, que de mon temps
on appelait "putes de luxe", permet à ceux qui en
ont les moyens (ou qui décident de se priver par ailleurs)
d'éprouver leurs angoisses pulsionnelles en résumant
le mystère du désir à un échange marchand.
J'ai failli me prendre pour une sorte de zombie, un être à part.
Mais là
encore, je cultivais mon ego, pour m'estimer faire partie de cette élite
des dépendants qui, ayant touché le fond jusqu'à
ce jour, ont bénéficé de la grâce divine
qui les a tirés par le "colbak" du trou de douleur
dans lequel ils se dégoutaient quotidiennement. Car au fond,
comme l'alcoolisme mondain participe de la même souffrance à
laquelle j'ai gouté avant de rencontrer les Alcooliques Anonymes,
le "sexolisme mondain" s'inscrit dans ce même manque
spirituel. Je ne dois donc pas juger, mais compatir, me rendre disponible
s'il le faut. Sur le "forum libre" de Doctissimo, je poste
de temps à autre sur un sujet consacré à la porno-dépendance.
Beaucoup de souffrances de conjointes encore une fois. J'en ai pris
encore une fois plein le coeur, et cela m'a permis de me souvenir
dans quelle galère j'étais encore plongé. Vraiment
: ne pas juger. Qui que ce soit. Et essayer de tendre la main, quand
je peux. Cela ramène à ma mémoire "le serment
de Toronto" des Alcooliques Anonymes : "Lorsque n'importe
qui, n'importe où, tend la main en quête d'aide, je veux
que la main de A.A. soit toujours là ... et de cela, je suis
responsable."
(publié par
Bruno sur son blog: dépendance-liberté)
Votre
site m'a mis une bonne baffe
Il y a bien 12 ou 13 ans que je regarde du porno. J' ai 25 ans aujourd'hui,
une vie plutôt heureuse, je finis des études secondaires,
je voyage, j'ai une petite amie depuis 1 an. Je suis plutôt confortable
avec mon apparence physique... Mais je réalise progressivement
depuis quelques temps que je me comporte comme un porno-dépendant.
Je prend du plaisir à regarder ces films porno où ces
pauvres filles se font violemment baiser (je parle cru mais autant appeler
un chat un chat). J' ai toujours ce sentiment de culpabilité
qui m' envahit une fois que je me suis masturbé. Je me regarde
dans la glace et je me dis que cela ne mène à rien, que
j' imprime dans ma tête des images qui sont violentes et qui développent
des émotions malsaines. Je suis relativement conscient de cela,
mais dans le même temps je ne parviens pas à me défaire
de cette habitude; je regarde des films porno toutes les semaines, parfois
plusieurs fois par jour. Je n'en ai jamais parlé à personne
et ce soir, après avoir pour la n-ième fois effacé
tous mes fichiers de video porno, je décide de regarder sur Internet
ce qui se dit sur les conséquences psychologiques d'une addiction
au porno. Je tombe sur votre site. Je lis les conseils, les témoignages,
j'écoute l'émission radio...Pour la première fois,
je réalise que je suis "une victime" comme vous dites.
Pour ma part, je me considère entièrement responsable
parce qu'il me semble que j' ai toujours évolué dans un
environnement social très favorable et qui ne m' a pas du tout
poussé vers le porno.
Mais maintenant, je flippe réellement parce que je suis en train
de devenir un adulte (légalement je suis un adulte depuis un
petit moment!!), enfin je veux dire que je prend conscience que c' est
maintenant qu'il faut que je construise ma vie et je ne veux pas traîner
cette addiction avec moi. Cela me prend trop d'énergie, ça
fait peser un risque énorme sur ma vie sociale, ma confiance
en moi et mon équilibre psychologique. Je souhaite vraiment évoluer
et devenir quelqu'un de fort psychologiquement, et même d' épanoui
spirituellement.
Votre site m'a mis une bonne baffe. Il m'a fait mieux prendre conscience
de mon problème. Je sais maintenant que je dois réagir
rapidement si je ne veux pas affronter des situations très difficiles
dans les années à venir. J'avoue que j' ai un peu peur,
je ne sais pas vraiment ce que je vais affronter. Je ne sais pas à
quel point cette addiction est ancrée au fond de moi et combien
de temps il me faudra pour m'en défaire. Je ne sais pas si je
dois aller voir un psychologue ou si je dois essayer de m'en sortir
tout seul.
Je pense que je vais continuer de m'informer, suivre vos conseils
et peut-être lire un ouvrage sur le sujet. Je vous remercie en
tout cas d'exister. Je pense que votre rôle dans notre société
moderne est extrêmement important. Dans ma génération,
il y a probablement des milliers (sans doute même des dizaines
de milliers) de jeunes dans mon cas, qui font une consommation abusive
de porno et qui ont peu ou pas d'information sur les dangers qu'ils
encourent. Je vous encourage à continuer votre lutte, à
continuer à développer des outils pedagogiques et des
méthodes pour s'en sortir, parce que des milliers de gens en
ont besoin.
Bon courage
R: Merci pour votre message. Vous avez parfaitement
compris les dangers qui guettent votre génération, et
ce sont bien des dizaines de milliers, voire même des centaines
de milliers de jeunes qui ne se doutent pas de l’impact que peuvent
avoir ces milliers de pages malsaines sur leur cerveau et des difficultés
qu’ils vont rencontrer plus tard pour s’en défaire.
Car malheureusement, il est beaucoup plus dur de décrocher du
porno que de se sevrer du tabac.
Orroz
Mon
psy n'arrive pas à me faire parler de mes réels problèmes
...tout ce que vous me dites est juste, et en tout cas me fait mieux
prendre conscience que je ne vais pas bien. J'espère que ça
ira mieux, mais je suis plutôt pessimiste en la matière.
Cela fait tellement longtemps que je ne vais pas bien. En fait mon dernier
souvenir d'époque où ça allait bien pour moi c'était
quand j'étais tout petit...
Pas de vie sociale, c'est extrêmement dur à vivre. Je voulais
juste préciser une chose, et après je vous promets que
je vous fiche la paix !
En fait, lors de mes rendez vous de psy (une fois par semaine), notre
façon de parler de mes problèmes est assez étrange,
puisque ça se fait par le rire. En gros, mon psy s'amuse à
exagérer mes défauts dans le but de dédramatiser
j'imagine, et moi ça me fait sourire, voire rire. Il a dû
comprendre que j'arrive à rire de certaines de mes pseudo-analyses
sur ma propre personne. Mais le problème c'est que le fait de
rire de soi lors d'une analyse me donne la sensation que je refuse d'attaquer
le fond de mes problèmes. Je me rends compte que c'est mon principe
de fonctionnement qui fait que j'ai tout ces problèmes de relations
sociales, et que ce serait à moi de changer et pas aux autres.
J'en ai vraiment conscience que le problème vient de moi, mais
je n'arrive pas à me changer ! Je suis terré dans l'immobilisme,
tellement j'ai peur des autres et surtout du jugement des autres. J'anticipe
à l'avance tout ce qu'on pourrait penser de moi.
Pour résumer ma question, comment avancer réellement dans
ma psychanalyse, mon psy ayant aussi perçu qu'il y avait certaines
choses sur lesquelles je bloquais et dont il pensait qu'il ne valait
mieux pas que je me force à les lui dire. Il se contente de me
"piquer de temps en temps, mais pas trop" m'a-t-il dit. Il
m'a parlé de ça lorsque j'ai évoqué le souhait
d'arrêter mon analyse. Je voulais arrêter car je sais qu'il
y a des choses (celles dont je vous ai parlé dans le dernier
mail) dont je ne peux vraiment pas parler en face à face.
Sert-il vraiment à quelque chose de suivre une thérapie
lorsque l'on n'arrive pas à parler de ses principaux problèmes
? Encore merci.
R:
Vous dites que vous consultez votre psy une fois par semaine et vous
vous étonnez qu’il se “contente de vous piquer
de temps en temps, mais pas trop” ? C’est tout le problème
des psychanalystes qui, pour la majorité, sont préoccupés
par la rentabilité de leur cabinet et n’hésitent
pas à prolonger le nombre de séances. Généralement,
ils se contentent d’écouter et ne donnent pas ou peu
d’avis personnels ou de conseils. C’est pourquoi je vous
conseillerais de trouver un thérapeute orienté sexolisme
ou un psychothérapeute spécialisé dans les dépendances
qui vous permette d’aller voir ce qui, dans l’enfance,
est à l’origine de votre mal-être actuel. Une fois
ces racines retrouvées, vous pourrez vous occuper de votre
dépendance.
Bon courage !
Orroz
Je
n'ai jamais eu aucune relation sexuelle
Je m'excuse de vous joindre directement, mais j'aimerais avoir un
avis sur ma situation, vous étant psychologue si j'ai bien compris.
En effet, j'ai 21 ans, je suis "entièrement" célibataire
depuis plus de trois ans maintenant ; pas même un flirt depuis
trois ans. Je n'ai jamais eu aucune relation sexuelle. Ma dernière
relation amoureuse a duré 9 mois et, pour moi comme pour elle,
c'était pour la vie. J'avais 19 ans. J'ai décidé
de rompre sous la pression de mes amis car j'étais de plus en
plus triste dans cette relation et mon entourage s'inquiétait
de me voir comme cela. J'ai extrêmement mal vécu la rupture
et personne n'a compris pourquoi puisque c'est moi qui ai rompu.
Depuis, je suis tombé amoureux une seule fois d'une fille pour
laquelle j'avais une dépendance affective incroyable sans même
vraiment la connaître. Cela a duré 6 mois avant que j'ose
lui dire que j'avais des sentiments pour elle. Je me suis fait jeter
violemment. Elle m'a dit que j'avais tout gâché (à
notre pseudo relation d'amitié). Il ne s'est donc rien passé
avec cette fille, et je n'ai plus eu de relation sentimentale, ni
même de sentiments pour personne depuis lors.
Cela fait donc trois ans que je suis seul, que je n'ai jamais attiré
personne, sauf... quelques garçons ! Ce qui m'a amené
à me poser quelques questions sur mon orientation sexuelle. J'éprouve
alors des attirances physiques et sexuelles pour les garçons
mais pas du tout sentimentalement parlant. Pourtant ma vision du couple
reste celle de l'homme et d'une femme. Je continue à trouver
des femmes jolies, mais jamais "bonnes" comme la plupart des
mes potes les qualifient.
J'ai un beau physique je crois puisque je l'ai souvent entendu, mais
ça n'a jamais mené à rien, sauf à attirer
les homosexuels ! Je me trouve beau bizarrement, et non pas moche comme
je le devrais puisque je n'ai aucune confiance en moi. Mais je ne m'aime
pas. J'aime mon physique si c'était quelqu'un d'autre à
la place. Je pense n'avoir aucune personnalité. Je me sens vide
de tout intérêt. Pourtant j'aime bien mon physique... sauf
que je n'assume pas ma pilosité, pourtant pas plus excessive
que chez un autre.
R: Apparemment, vous avez un problème
d'identité
sexuelle... Et une ambiguité au niveau sentimental. Comment
voulez-vous que l'on vous aime si vous ne vous aimez pas vous-même
?
Aujourd'hui je n'ai plus d'amis, pas même un seul, je visite fréquemment
(cinq ou six fois par semaine) des sites pornos mais des sites mettant
en scène des garçons et jamais des femmes. J'ai horreur
de la pornographie féminine, cela me dégoûte. J'ai
une trop belle image de la femme pour cela. Je ne me sens pas gay pour
autant, je ne souhaite pas vivre avec un homme.
A mon grand malheur, j'ai eu beaucoup de demandes de la part de garçons,
mais jamais de femmes sauf un peu étant adolescent. J'ai toujours
refusé la relation avec un garçon même un simple
flirt. Pourtant il n'y a pas longtemps j'ai rencontré un garçon
et suis allé prendre un verre avec lui, sachant qu'il était
gay. Mais je ne souhaite plus le recontacter, bien que tout ce soit
bien passé. J'ai très peur du regard de l'autre, et encore
plus de mon propre regard sur moi même. Je me juge constamment.
Je ne supporte meme pas l'idée d'être homo, et donc je
l'occulte complètement. Cela se trouve je ne le suis pas, mais
cela se pourrait, et je me persuaderais alors en force du contraire.
Je pense être en quelque sorte un très fin stratège
; je sais très bien comment attirer des garçons, mais
pour les filles c'est zéro. Je crois que je me suis peut-être
testé avec les garçons. Je ne sais pas...
R: Voilà votre problème : vous
ne savez pas et vous ne savez pas ce que vous voulez ! vous avez
un amour narcissique pour vous mais vous n'aimez pas les défauts
que vous pourriez avoir. En fait, vous voulez être parfait
! Une sorte d'icône, de star, de dieu ou de déesse.
Il me semble percevoir l'amour démesuré (ou trop
ambigu) de votre mère derrière votre malheur. Faites-vous
aider par un psy ou un thérapeute,
à mon avis il y a du boulot ! Bon
courage.
Orroz
CONSEILS
POUR LE SEVRAGE
A partir du moment où vous commencez
votre sevrage, vous serez inévitablement tenté chaque
jour par des images de toutes sortes, surtout durant les trois
premiers mois. Aussi, puisque vous avez du mal à changer
tout de suite vos habitudes, fixez-vous une nouvelle règle
:
Ne téléchargez que de la musique !
Et j'en sais quelque chose, puisque les premiers temps de mon
sevrage j'avais eu la mauvaise idée de chercher des
extraits du film Woodstock. Et je me suis retrouvé à ouvrir
un mpeg porno ! Donc, méfiance ! Et si cela arrive,
direct corbeille + supprimez
éléments corbeille !
De plus, quand vous aurez une belle collection de musiques,
vous aurez une arme supplémentaire contre la "bête" car
elle n'aime pas la musique, surtout la musique harmonieuse
et sentimentale !
Mettez toutes les chances de votre côté.
Pour ma part, j'ai expérimenté une technique
tibétaine qui consiste, lorsque le désir commence à devenir
trop insistant, à visualiser un champs de squelettes.
On peut aussi transformer une image de sexe en remplaçant
les corps nus par des squelettes. Personnellement, si l'image
persistait, je la détruisais mentalement avec le feu.
C'est assez radical !
Une autre façon de faire reculer les désirs,
c'est de suivre les conseils de Bouddha :
"Prenez note de quoi que ce soit qui arrive, continuez
simplement
à prendre note et lorsque cela disparaît, prenez
note de nouveau que maintenant le désir a disparu et
vous sentirez s'établir une distance par rapport au
désir, à la pensée."
Juste intérieurement, prenez note: maintenant une pensée
surgit, maintenant une pensée a surgi, maintenant une
pensée disparaît. Rappelez-vous simplement que
maintenant la pensée surgit, maintenant la pensée
a surgi, maintenant la pensée disparaît, afin
de ne pas vous identifier avec elle.
C'est très beau et très simple : vous marchez
sur la route, une belle voiture passe, un désir surgit.
Vous regardez la voiture, vous l'avez à peine regardée
que le désir de la posséder surgit déjà.
Faites cela : au début verbalisez simplement, dites
juste lentement "J'ai vu une voiture, elle est belle,
maintenant le désir a surgi de la posséder."
Verbalisez simplement.
Une belle femme passe : le désir est entré. Prenez-en
note juste comme si vous n'êtes pas concerné,
vous prenez simplement note de ce qui arrive et soudainement
vous en serez sorti.
Et si vous le pouvez, observez qu'un désir a surgi,
qu'un désir est parti et que vous êtes resté dans
l'intervalle, que le désir ne vous a pas dérangé.
Il est venu, il est allé, il était là et
il n'est plus là
maintenant, et vous êtes resté imperturbable,
vous êtes resté tel que vous étiez avant
cela. Il n'y a eu aucun changement en vous. Le désir
est venu et il est passé
comme une ombre. Il ne vous a pas touché; vous restez
sans une
égratignure. Examinez le mouvement du désir et
le mouvement de la pensée, mais aucun mouvement en vous.
Examinez cela et dissolvez-vous dans la beauté. Et cet
intervalle est beau. Dissolvez-vous dans cet intervalle. Tomber
dans cet intervalle et être cet intervalle, ce vide,
est l'expérience la plus profonde de la beauté.
Et non seulement de la beauté, mais du bien et de vérité
aussi. Dans le vide vous êtes...
j'ai testé durant mon sevrage et j'ai remarqué cela:
il faut juste patienter quelques minutes sans se décourager,
comme une plongée en apnée, et ça finit
par s'estomper. Dès que ça faiblit, on dirige
son esprit sur autre chose (diversion = oubli) Et en fait,
c'est pas bête : il faut devenir PATIENT, c'est la leçon à apprendre
puisqu'avant on en manquait cruellement !
Précisions pour un dépendant
:
"j'arrive pas à bien comprendre la méthode.
jusque là j'observe la pensée qui m'agresse,
je l'identifie, je la mets en quarantaine, j'observe... j'observe...
je note et je me dis : c'est une penseé impure ou bien
une image salace mais ce qui ce passe en me disant ça,
je la ravive je revois l'image, c'est vrai au début
je ne m'identifie pas à elle mais
à force elle fait son effet. Alors si on peut me donner
plus d'infos sur cette partie de la méthode ?"
R: Il faut pratiquer c'est tout ! Ce n'est pas au bout de 3
fois que le cerveau archaïque enregistre. Avant d'imprimer
faut qu'il saisisse plusieurs fois, un peu comme un programme
d'ordinateur.
Orroz
LES
DERNIERS CONSEILS D'ORROZ sur le Forum
A tous les dépendants en
voie de sevrage, je tiens à rappeler
que:
- les rechutes sont inévitables, surtout au début,
et il ne faut pas culpabiliser outre mesure. L'essentiel
est de remettre rapidement le compteur à zéro
et de retenir la leçon.
- la cyberdépendance étant souvent à l'origine
des tentations, il est nécessaire de s'éloigner
aussi souvent que possible de l'ordinateur.
- le cap des 3 semaines pour les "nouveaux" et
celui des 3 mois pour les "anciens" est une réalité,
mais il faut veiller à ne pas crier victoire trop
tôt, tout au moins pas avant l'anniversaire. Je rappelle
qu'une désintoxication totale est de 18 mois.
- le travail sur soi est indispensable, même si on
décide de se passer d'un psy ou d'un thérapeute.
Mais dans ce cas, on a tout de même besoin d'une oreille
extérieure (conjoint, ami ou amie) et d'une discipline
de fer.
- rien ne sert de diaboliser le porno, il faut juste le fuir.
Tout comme l'alcoolique sevré s'éloigne des
rayonnages des vins dans le supermarché.
Enfin, un engagement FERME et DEFINITIF envers soi-même
(ou envers Dieu, quelle que soit la conception que vous avez
de la Divinité) est le seul garant d'une réussite
totale.
A tous les conjoints de dépendants, je
rappelle que :
- vous partagez la vie d'un drogué du sexe et il faut
beaucoup de courage pour l'accompagner dans son sevrage.
Comme un junkie, il vous mentira plus d'une fois, trahira
votre confiance, cherchera à
vous culpabiliser ou à vous fuir, même s'il
vous aime sincèrement.
- n'oubliez jamais qu'il est aussi une victime de cette société
de consommation et qu'il souffre de ne pouvoir maîtriser
son addiction.
- mais que ce qui précède ne vous fasse pas
oublier que vous devez vous faire respecter, quitte à employer
l'ultimatum : c'est le porno ou moi !
- l'espionner ou contrôler ses visites sur l'ordi (sauf
si c'est lui qui le demande) ne fait que retarder le début
de son sevrage. Vous devez le RESPONSABILISER.
- le conjoint est souvent co-dépendant, donc un travail
sur vous-même est vivement conseillé, surtout
si vous déprimez parce que ça n'avance pas.
- s'il persiste trop longtemps dans son refus de voir la
réalité
en face, ne vous sacrifiez pas. La vie à deux n'est
en aucun cas à sens unique, et l'Amour est fait pour être
partagé.
Enfin, quelle que soit l'issue de cette bataille, ne vous
identifiez pas à votre conjoint et PENSEZ à VOUS
!
Votre
dévoué, Orroz