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Un sevrage réussi

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"Le 15 janvier 2003, à l'âge de 34 ans, ma vie d'adulte a réellement débutée. Marié depuis 10 ans et en ménage depuis 16, j'étais alors Papa de 3 enfants merveilleux. J'avais tout pour être heureux.
Mais voilà, la veille encore de cette date, j'étais dépendant de la pornographie, passant tous mes moments libres devant mon ordinateur, me masturbant en moyenne une fois par jour.
Je sais seulement aujourd'hui ce qu'est une vie sexuelle épanouie. Avec le recul, je mesure à quel point je me suis trompé pendant toutes ces années.


Je vais vous raconter comment j'en suis arrivé là et comment j'en suis sorti. Mais d'abord, il faut comprendre une chose: le dépendant à la pornographie, tout comme un alcoolique, n'admet pas qu'il a un problème. Il ne semble même pas réellement en souffrir puisqu'au contraire il en tire du plaisir. Pour s'en sortir, il lui faut ouvrir les yeux, et pour ça, il faut qu'il se prenne un mur. J'ai pris le mien.
Pour commencer, il faut que je précise dans quel contexte familial j'ai grandi. Mon père était militaire, parti pendant de longs mois. D'après ce que je sais, il ne cachait pas à ma mère qu'il avait des relations avec d'autres femmes, prostituées ou non, lors de ses absences. Ce fait est important, car il montre que mon père lui-même a une vision tronquée de la sexualité. Je l'ai toujours vu mater les femmes, il a toujours laissé traîner sur sa table de nuit des livres érotiques ou pornographiques. Dans ses propos, la femme a toujours été diminuée. Ma mère en a beaucoup souffert. Elle était dépressive et d'ailleurs, depuis qu'elle l'a quitté, elle ne l'est plus. J'ai grandi avec ses angoisses et paradoxalement je pense aujourd'hui que c'est la vision de la souffrance de ma mère qui m'a évité de tomber trop bas et notamment de passer à l'acte en allant voir des prostituées ou en fréquentant les clubs échangistes.

A 13 ans, seul à la maison, alors que je ne savais même pas que j'étais en âge d'éjaculer, je trouve dans le meuble à vidéo-cassettes un film X que je visionne partiellement. J'éjacule alors pour la première fois. Le plaisir est intense. C'est probablement cette sensation que j'ai continué à rechercher pendant toutes les années qui ont suivi. Je mesure aujourd'hui ce qui m'a été volé ce jour là et je suis effaré à l'idée que des enfants plus jeunes encore puissent tomber sur des films X pratiquement tous les soirs sur les chaînes telles que Canal +, TPS et Canal Satellite. Certains spécialistes comparent l'effet de ces visionnages à un abus sexuel. Pour ma part, je suis certain que la comparaison est juste.

Avant ma première expérience sexuelle avec une fille vers l'âge de 14 ans, j'avais déjà visionné une bonne dizaine de films. Evidemment, la première fois a été lamentable, et pour cause, je confondais déjà la sexualité et la pornographie. Cette fille vierge qui avait mon âge, je l'ai prise en levrette au bord du lit en cinq minutes à peine, sans préliminaires. Je me souviens parfaitement qu'elle en a pleuré. Je prends réellement conscience aujourd'hui du mal irréversible que je lui ai fait. Quelle image de l'homme a-t-elle gardée ? Vous, les hommes qui cautionnez la pornographie en la regardant, aimeriez-vous que votre fille soit dépucelée comme cela ?
Les pornographes, en inondant notre société, créeront de plus en plus de jeunes garçons aux comportements sexuels déphasés. Quand je pense au phénomène grandissant des tournantes, je ne peux m'empêcher de penser que cela a un lien avec l'apparition et le développement de la pornographie dans les foyers. D'ailleurs, les viols aussi sont en augmentation. En ce qui me concerne, ma consommation a toujours été solitaire. Je ne suis pas psychologue mais j'imagine que le visionnage en groupe à des effets plus dévastateurs encore.
Plus tard, j'ai revu cette fille et nous avons eu une deuxième relation. Cette fois-ci, quelques préliminaires : je lui ai léché le sexe. Je n'avais même pas 15 ans ! Si je n'avais pas été pollué par la pornographie, jamais je n'aurais eu une telle idée ! Ce que j'ai fait m'a évidemment dégoûté. Sans l'acte d'amour, comment pourrait-il en être autrement ? Du coup, je n'ai pas réussi à la pénétrer, faute d'érection suffisante. Et non, la réalité ce n'est pas la pornographie.
Ensuite, mes parents ont dû s'apercevoir que les cassettes étaient déplacées et je n'ai plus réussi à en trouver. Cependant, le mal était fait, la pornographie a continué à faire partie de ma vie, j'étais déjà accro ! Je collectionnais les quelques images érotiques que je pouvais trouver (à l'époque, dans les années 85 ce n'était pas si facile, tandis qu'aujourd'hui...) alors, je dessinais maladroitement des scènes pornos dans un cahier. Le peu d'expériences sexuelles que j'ai eu se sont soldées par un échec. L'érection disparaissait au moment de la pénétration.

Puis, à 18 ans, j'ai rencontré l'amour de ma vie. Amoureux fou, je vivais intensément notre relation. Avec elle, je n'ai pas connu de problèmes d'érection. Pendant un an, nous ne pouvions nous voir que tous les quinze jours. Affectivement et sexuellement satisfait, j'aurais dû couper avec le monde de la pornographie et de la masturbation et entrer dans une sexualité adulte. Mais j'étais déjà dépendant. Je ne maîtrisais plus mes pulsions, j'avais besoin sans cesse de nouvelles images pornographiques pour me masturber et tenter de retrouver les premières sensations. Evidemment, à l'époque, je n'en avais pas conscience. Avant cette fameuse date de rupture totale dans ma vie, j'aurais assuré n'avoir « aucun problème ». En réalité, pas fier de moi, je me trouvais des excuses : elle est loin, la séparation est difficile, ou bien, de toute façon, tant qu'elle n'est pas au courant (ou encore, tant que je ne la trompe pas...).
Pour moi, tout cela n'avait rien à voir avec l'amour et le désir que j'éprouvais pour ma petite amie. Je m'étais toujours masturbé, je continuais, un point c'est tout.
Assez vite et à plusieurs reprises, j'ai essayé de lui faire partager mon goût pour les films pornographiques mais heureusement pour moi, elle y a toujours été très opposée. Je dis « heureusement pour moi » à l'écriture de ce témoignage mais, à l'époque, c'était une véritable frustration.
Lorsque nous nous sommes installés ensemble, j'ai eu l'occasion un soir d'avoir un magnétoscope, j'ai loué un film et lui ai fait la surprise pour le soir. Elle a visionné quelques scènes puis a eu une réaction très violente et agressive. Une forte dispute a éclatée. Elle était très mal, n'avait pas supporté les images. Ces scènes la renvoyaient à son passé, et notamment à une agression sexuelle à l'âge de 12 ans. Evidemment, je ne le savais pas à ce moment-là. Pas une seconde, je ne me suis remis en cause. Pour moi, c'était elle la coincée. La suite m'a prouvé qu'elle avait raison...

Pendant les 10 années qui ont suivi, n'ayant pas de magnétoscope, j'ai dû me contenter de revues. Je consommais une fois par semaine. Un jour ma compagne est tombée sur ma cachette. Dans l'une des revues, il y avait un poil de pubis coincé entre les pages. Elle en a été durement affectée. Je l'ai consolée, pensant que tout cela avait bien peu d'importance, du moment que je ne la trompais pas. Grave erreur, je sais maintenant que mon amie a vécu cela comme une véritable trahison et que cela a eu des conséquences importantes pour elle. J'ai compris maintenant à quel point cela a dû être dur pour elle. Je la trompais avec des « filles de papier ». Une femme ne peut pas rester indifférente lorsqu'elle sait que son mari se masturbe devant d'autres femmes et des images X. Elle ne se sent pas capable de lutter contre la concurrence de ces femmes montrées si désirables, parfaites et prêtes à tout.

Plus tard, nous nous sommes mariés, nous avons eu deux enfants. Je continuais, en secret, à me masturber devant des images X. Ma femme semblait avoir oublié mes penchants. En fait, elle se protégeait.
En 1999, nous nous sommes abonnés à Canal +. L'effet a été immédiat.
L'offre entraîne la consommation, la consommation entraîne une dépendance de plus en plus forte. J'enregistrais systématiquement et conservais en secret les films pour visionner des extraits en l'absence de mon épouse. La fréquence a très vite augmenté. Canal + ne me suffisait plus, je me suis mis également à acheter des films de plus en plus « hard » dans les magasins de presse, alors que je ne l'avais jamais fait auparavant, disposant pourtant d'un magnétoscope. Lorsque nous partions en vacances, je n'emmenais rien et cela ne me manquait pas. Cela prouve bien que l'offre entraîne la demande.
Petit à petit, mon comportement sexuel a commencé à changer. J'étais redevenu éjaculateur précoce, incapable de donner du plaisir à ma femme. Je n'ai pas fait le lien avec la pornographie. Au contraire, je m'en servais presque comme d'un remède « anti-deux-minutes ». Plutôt que de me remettre en cause, je préférais m'inventer encore des excuses. Par ailleurs, je voulais de nouveau visionner des films avec mon épouse, souhaitant appliquer ce que j'avais vu. Elle était toujours réticente mais, l'alcool aidant, j'ai réussi à lui faire accepter deux ou trois films.
Je fantasmais de plus en plus souvent sur la , qu'elle refusait. Je commençais à évoquer l'idée de relations sexuelles à trois : elle, moi et un autre homme. Au début, sous forme de plaisanterie, puis de manière plus explicite. Il m'est arrivé d'échafauder des plans pour y parvenir. A chaque fois, heureusement, l'idée qu'elle se fasse pénétrer par un autre homme me révulsait. La pornographie s'insinuait dans mon esprit. Très amoureux de ma femme et jaloux, jamais auparavant je n'aurais eu ce genre d'idée.
Ensuite, nous avons troqué Canal + pour TPS. C'était en 2001. L'offre est encore plus importante. J'enregistrais des films que je ne regardais qu'en accéléré, pour trouver la scène intéressante. En effet, l'accoutumance rend les scènes qui étaient existantes avant sans effet. Les rapports à deux n'avaient plus aucun intérêt. Je cherchais quelque chose de différent, du jamais vu. C'est à cette période que j'ai acheté un magasine spécial grosses. Je m'en étonne encore aujourd‚hui. Quelques années auparavant, cela m'aurait écoeuré.

C'est aussi à cette époque que j'ai consulté une psy. La démarche n'est pas venue de moi. C'est pour régler les problèmes de mon fils aîné à l'école que nous trois, mon fils, ma femme et moi avons consultés. Très vite, la psychologue nous a dit : « Votre fils va bien. Par contre, vous monsieur, j'aimerais bien vous voir. »
Ce qu'on ne fait pas pour soi, on le fait pour ses enfants. Je suis donc retourné la voir. La première question que je lui ai posée était la suivante : « Je me masturbe de temps en temps devant des films X, est-ce normal ? » Notez bien le « de temps en temps ». L'homme dépendant ne le voit pas lui-même. La réponse de la psychologue a été catastrophique pour toute la suite car elle m'a déculpabilisé. Or la culpabilité, n'est ce pas le début de la prise de conscience ?
« Ce que vous faites n'a rien d'anormal, m'a-t-elle dit, le tout est que cela ne fasse pas de mal, ni à vous, ni à votre entourage. » Incroyable ! Evidemment que je me faisais du mal. A mon entourage aussi. La moindre des choses aurait été d'essayer d'en savoir un peu plus. Sa position de femme l'a sans doute gênée, mais ce qui est sûr, c'est qu'elle ne connaissait absolument pas l'existence de la pornodépendance.
Dernièrement, je suis tombé sur une émission de radio, pourtant très sérieuse, dans laquelle une psychologue répond aux auditrices. L'une d'elles appelait pour demander un conseil : « Mon mari voudrait que nous achetions un godemiché, que dois-je faire? » La réponse a été la suivante : « Vous savez, les hommes n'ont pas les mêmes fantasmes que les femmes. Il n'y a pas de mal à faire ce genre de chose au sein du couple. » Ma réponse n'aurait pas été la même ! Un homme qui a ce genre de demande a l'esprit complètement pollué par la pornographie. Je le sais. Je l'ai fait moi aussi. Et je peux affirmer que, depuis que je ne vois plus aucune image à caractère sexuel, ces idées ont fini par disparaître.
Avant d'aller plus loin et d'évoquer l'épisode internet, il faut que je précise comment je gérais le monde de la pornographie et le vrai monde. Plutôt beau garçon, bien sapé, personne n'aurait pu soupçonner quoi que ce soit. Evidemment, les blagues de fesses dès que possible aurait pu éveiller des soupçons mais comme personne ou presque n'a entendu parler de pornodépendance... Mes amis tomberaient parterre s'ils lisaient mon témoignage. Dans mon travail, je suis très compétent et apprécié. Je n'ai jamais eu le moindre regard sexuel sur les autres femmes et encore moins sur mes élèves. Voilà, tout cela pour dire que n'importe quel homme, apparemment au-dessus de tout soupçon, peut être accro.

Fin 2002, nous avons acheté un ordinateur et nous nous sommes abonnés à internet. Pendant la même période, ma femme était en congé maternité pour notre troisième enfant. Sa présence quasi permanente à la maison me gênait beaucoup pour assouvir mes envies. Evidemment, l'achat de l'ordinateur arrivait à point nommé car je pouvais transférer mes activités du salon à la pièce qui me sert de bureau. A l'époque, je n'avais pas conscience que mes besoins de pornographie guidaient mes actes et mes décisions mais je pense aujourd'hui que c'était effectivement le cas.
Je me suis promis dès le départ de ne pas aller sur les sites payants. Je ne voulais pas que ma femme découvre mes activités. Pendant les trois mois qui ont suivi, j'ai pu passer des heures à regarder du X rien qu'avec les pages d'accueil et les galeries gratuites. Ces heures passées sur internet, je l'ai fait alors que ma femme était à la maison. Elle pensait que je travaillais. Que se serait-il passé si je n'avais pas été limité par sa présence ? Pire, si j'avais été célibataire ? Même marié, trois enfants, je ne sais pas quel homme je serais aujourd'hui s'il n'y avait pas eu un point d'arrêt. L'offre sur internet est immense. Evidemment, j'aurais fini par aller sur les sites payants. Certains sites présentent une banque de donnée de 500 000 photos ! Le besoin de « toujours plus hard » m'aurait inévitablement entraîné vers le plus en plus glauque.
Mon comportement changeait de manière visible. Je délaissais ma famille. Je faisais le strict minimum pour mon travail. Je négligeais de plus en plus mon apparence. Mon hygiène devenait plus que limite. Depuis des mois déjà, ma transpiration sentait plus fort. J'avais des problèmes d'haleine. Tous ces symptômes ont aujourd'hui disparu, je n'ai plus besoin de mettre de déodorant, que j'ai dû pourtant utiliser pendant presque vingt ans !

A cette période critique, mon épouse a senti qu'il se passait quelque chose. Elle pensait que je la trompais, me faisait des crises de jalousie pour le moindre retard.
Un soir de novembre, enceinte de huit mois, poussée par je ne sais quelle intuition, elle cherche et trouve la cachette où je stockais mes cassettes et mes revues : une vingtaine de cassettes, certaines de double durée, autant de revues. Le choc est terrible pour mon épouse. Une crise très forte éclate. Elle hurle son désespoir. Mais cela ne me suffit pas. Je n'admets pas mon problème. Je reste insensible à sa souffrance. Au contraire, je sous-entends que c'est elle qui a un problème. L'abus de pornographie m'a totalement désensibilisé. J'avais un problème grave mais je ne voulais pas le voir. Lorsque ma femme m'a traité d'obsédé sexuel, je suis rentré dans une rage folle. Ne dit-on pas qu'il n'y a que la vérité qui blesse?
Je me souviens d'une question de ma femme. Aujourd'hui, je frémis en pensant à la réponse que j'ai donnée. Elle me demandait : « Et si nous faisions l'amour tous les jours, cela ne changerait rien ? » Et moi de répondre: « Non. Rien. Cela n'a rien à voir avec toi, c'est comme ça et puis c'est tout ». Pour répondre autrement, encore aurait-il fallu que je me remette en cause. Comme les alcooliques qui disent ne prendre qu'un petit coup de temps en temps, j'ai moi aussi minimisé ma consommation. C'est beaucoup plus facile de se mentir à soi-même que de regarder la vérité en face. A la suite de cette crise, ma femme ne dormait pratiquement plus la nuit. Pendant ces longues nuits d'insomnie, elle découvre avec horreur l'étendue des programmes X diffusés la nuit sur les chaînes satellites. Un mois plus tard, la veille de l'accouchement, elle découvre que j'ai fait l'acquisition, depuis peu, d'un DVD porno. Là encore, la crise est terrible. Elle ne comprend pas pourquoi j'ai besoin d'encore plus. Je minimise toujours ma consommation...
C'est moi le premier qui ait parlé d'internet. Je pense aujourd'hui que je cherchais inconsciemment de l'aide. J'ai minimisé totalement les faits, parlant d'essais, juste pour voir. Mon épouse a réagi pour moi. Pendant mon absence, elle s'est faite aider techniquement par téléphone et s'est procurée la liste de tous les sites visités depuis le début, de toutes les photos, avec les dates et les temps de connexion. En rentrant du travail, j'ai trouvé la maison silencieuse. Elle avait pris ma fille et avait quitté la maison...


C'était le 15 janvier 2003. Voilà le mur qu'il fallait pour qu'enfin j'admette la vérité. La liste des connexions qu'elle m'a donné ce soir là, de sa chambre d'hôtel, était effarante. Je n'en revenais pas moi-même. Je ne pus qu'admettre les faits : j'avais un problème grave avec la pornographie. Là, son ultimatum fût implacable: « Tu te fais aider pour arrêter tout ou je te quitte ! ».
Perdre ma femme était insupportable. J'ai réagi.

C'est notre médecin qui m'a parlé le premier de toxico-pornographie. Il m'a conseillé, tout à fait logiquement, de tout supprimer le plus vite possible. Un alcoolique qui veut s'en sortir ne doit pas laisser de bouteille d'alcool dans sa maison. J'ai donc tout jeté.
Le sentiment que j'ai éprouvé en mettant ma « collection » dans un sac poubelle est à la hauteur de ma dépendance. J'ai ressenti comme un déchirement. Je me disais : « Dire que je ne reverrai rien de tout cela ! » J'ai même eu cette pensée grotesque : "Peut-être qu'un éboueur en profitera". Voilà dans quel état d'esprit j'ai rompu avec ce monde. Prêt à tout pour m'en sortir mais regrettant presque de le faire.
J'ai supprimé la parabole, déréglé Canal + pour ne pas être tenté de regarder un film X, même crypté (chose que j'avais déjà fait). Mon épouse a pris le contrôle de l'ordinateur. Aujourd'hui, je vais très rarement sur internet et toujours lorsque mon épouse est à la maison. Je sais que je n'y retournerai pas mais je n'ai aucune envie de prendre des risques. Je n'ai pas mis les pieds dans un magasin de presse pendant prêt d'un an. Toutes ces mesures ont très vite été efficaces. Les idées de partouses, de god, de et autres se sont petit à petit estompées pour ne plus du tout me polluer. Nos rapports sexuels ont vite évolué pour atteindre, pour mon épouse et moi, des sommets de jouissance.

C'est un véritable message d'espoir que je lance aux hommes qui ont peur de réagir énergiquement parce qu'ils ne savent pas si au final ils y gagneront quelque chose. Laissez tomber la pornographie et vivez la vraie sexualité. Les plaisirs apportés par un acte sexuel libéré, avec son épouse, sont dix milles fois plus intenses que ceux de « madame cinq doigts ». Aujourd'hui, je fais véritablement l'amour à ma femme. Je la fais jouir, pratiquement à chaque fois, parce que je ne préoccupe plus seulement de mon propre plaisir. Les hommes qui prétendent que les femmes n'aiment pas le sexe se trompent. Ce n'est pas qu'elles n'aiment pas, c'est qu'elles n'y trouvent pas de plaisir. Or, si une femme jouit, si elle sait qu'elle aura le véritable orgasme, elle demande à partager ce moment intense de plaisir.
Bien sûr, tout n'est pas tous les jours faciles. Les blessures ne s'effacent pas facilement. Je suis passé par une phase de dépression d'environ deux mois. Il a fallu que j'admette ma dépendance, que je supporte la culpabilité et que je retrouve une image positive de moi. Cela a été un long chemin.
Pendant un an environ, je me sentais mal lorsque je me retrouvais seul à la maison. La pornographie refaisait surface. Je n'avais pas l'envie de recommencer, mais je repensais au passé et cela me faisait mal. Cela n'avait rien d'alarmant mais j'aurais voulu être totalement libéré.
Les publicités aguicheuses, de plus en plus présentes dans notre société, m'ont beaucoup perturbé. Evidemment, un tel « sevrage » ne pouvait que provoquer cet effet : Les images sexy me faisaient un effet qu'elles ne m'auraient jamais fait du temps de ma dépendance. Je me suis efforcé de les ignorer car j'ai très vite remarqué que les regarder me poussait à en voir davantage, comme au temps des cassettes. Et, quelle aurait été l'étape suivante?
Cela fait maintenant 16 mois que je n'ai plus touché ni de près ni de loin à la pornographie. Je suis un homme différent, heureux et grandi. Je pense à tous ceux qui sont comme je l'étais, et je sais qu'ils sont nombreux, englués dans leur dépendance. Je pense surtout à la jeunesse, qui par l'accès facile actuellement à la pornographie, a tous les risques de développer une dépendance.
Il est temps d'agir et d'alerter."
 
R: J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre témoignage qui est édifiant, et je me suis reconnu dans certains passages. Vraiment, nous avons de la chance d'en être sortis! Quand je pense à tous ceux qui vivent avec cette "casserole" qui les empêche d'avancer et d'être pleinement heureux en amour! Je constate également que vous avez redécouvert l'amour vrai dans les étreintes sexuelles et ça c'est un véritable cadeau !

Orroz


Ce matin (15 Septembre 2005) j'ai reçu ce mail de la femme de celui qui a témoigné ci-dessus :


"Bonjour Orroz,
Nous allons tous bien... Mon mari est bien loin de la pornographie maintenant ! Il semble heureux bien dans sa peau. Quand je lui demande de témoigner, il me répond "oui c'est important que je le fasse, pour les autres". Mais il trouve toujours plein de raisons pour ne pas le faire. Les blessures sont tout de même là!
Pour ma part, malgré un mari aimant, d'une grande patience, prévenant, bon père de famille, me regardant toujours les yeux pleins d'admiration, j'ai encore des comptes à régler avec cette satanée "pornographie". Une affiche dans un kiosque à journaux sur un magazine ("hot vidéo" par exemple) et je sens tout mon être qui saigne. Par ailleurs, j'ai au fond de moi de la colère contre les hommes et paradoxalement je reste encore un peu dans la séduction. J'aimerais être loin de tout cela !
Je ne vais pas beaucoup sur le forum car certains propos des hommes me font mal et je n'ai parfois plus envie d'entendre parler de pornographie !
Je voulais te dire également que le livre "Vivre le moment présent" me fait beaucoup de bien, je lis un extrait tous les jours.
Enfin, nous nous échappons une fois par semaine sans les enfants, nous en profitons parfois pour boire un pot ou se faire un restau tous les deux, comme des jeunes amoureux !
Merci pour ton mail.
A bientôt Orroz."

R: Et bien, cela me réjouit de savoir que votre couple a réussi sa "résurrection". Le nôtre continue toujours de progresser aussi et nous nous aimons de plus en plus fort!
Comme j'ai retrouvé entre temps son témoignage, je vais le mettre sur le site.

Tous mes voeux de bonheur !


Orroz




Le Livre d'Orroz